Author: Association ESPAS

Activités de loisirs : Des lignes directrices nationales pour la prévention des abus sexuels contre les enfants et les adolescents

Le réseau national « Prévention des abus sexuels dans le domaine des loisirs », a récemment publié ses lignes directrices nationales pour la prévention des abus sexuels contre les enfants et les adolescents dans le domaine des loisirs.

Issues de la collaboration entre l’organisation faîtière suisse Protection de l’enfance et les associations Limita et ESPASces lignes de conduite ont pour objectif d’offrir un cadre de référence national pour le travail de prévention des structures proposant des activités de loisirs aux enfants et aux adolescents.

Partenariats de prévention : De nouveaux outils pour protéger les enfants et les jeunes des abus sexuels

Cap sur la Prévention !

Afin de faciliter l’engagement des organisations actives auprès des enfants et des jeunes en matière de prévention des abus sexuels, de nouveaux outils pratiques ont été développés par notre service Prévention & Formation. Destinés à nos partenaires, ils ont été présentés lors d’un concours international de prévention des violences sexuelles.

Une vidéo pour inciter à briser le tabou sur les abus sexuels  

Pour une organisation active auprès des enfants et des jeunes, parler de transgression de limites, ou pire, d’abus sexuels, peut faire peur. Et décider de mettre en place des mesures de prévention a de quoi paraître impressionnant ! C’est d’ailleurs peut-être votre cas.

Or, les retours de nos partenaires démontrent que ces démarches permettent de maintenir un climat de sécurité au sein de vos activités.  Mais concrètement, en quoi consiste le partenariat de prévention ? C’est ce que nous vous présentons dans notre nouvelle vidéo.

Le Guide Pratique : renforcer l’accompagnement proposé par ESPAS

Afin de renforcer l’accompagnement que nous proposons à nos partenaires, nous avons également réalisé un Guide Pratique. Son objectif : les guider pas à pas dans les différentes démarches à entreprendre. Agrémenté de conseils concrets et d’exemples, il vise ainsi à faciliter la réflexion et la mise en place de mesures de prévention adaptées à leurs activités.

Découvrez un aperçu du Guide Pratique

Des outils présentés dans le cadre d’un Concours International de prévention des violences sexuelles

Illustrés par le talentueux Arnow!, ces nouveaux supports ont été présentés lors du Concours International « Outils de prévention des violences sexuelles ». Organisé par le 10ème Congrès International Francophone sur l’Agression Sexuelle (CIFAS), cette compétition, qui a eu lieu le 11 juin prochain, a récompensé un projet parmi les 30 sélectionnés sur lettre d’intention.

Vous souhaitez vous engager dans une démarche de prévention ? Contactez-nous !

L’Ecole Vatel court en faveur d’ESPAS

La Running Team de l’Ecole Vatel

Nous sommes heureux de vous annoncer le soutien de l’Ecole Vatel dans le cadre des 20km de Lausanne. 
Le 5 mai prochain, des élèves et professeurs se mobiliseront afin de lever des fonds en faveur d’ESPAS et des personnes qui ont subi des abus sexuels.

Les dons seront versés pour notre Fonds de solidarité.

Pour soutenir leur campagne, c’est par là.

Parler de prévention des abus sexuels pour amener du positif dans votre organisation

 – Revu en novembre 2021 – 

Par notre prévention, nous souhaitons sensibiliser les organisations aux abus sexuels. Loin de peindre le diable sur la muraille, parler de cette thématique délicate permet de maintenir un climat positif dans votre organisme, en sécurisant chacun de ses membres. Explications d’un phénomène délicat et en même temps motivant.

Protéger les enfants et rassurer les parents

En vous engageant dans une démarche de prévention des abus sexuels, vous agissez bien évidemment pour la sécurité des enfants et des jeunes qui participent à vos activités. Tout en leur transmettant votre passion, vous leur permettez de s’épanouir et de développer de nouvelles capacités, dans un climat chaleureux et sécuritaire.

Parler de manière transparente d’abus sexuels et de la prévention permettra également de rassurer les parents. D’autant plus si vous vous les impliquez dans le processus de co-construction d’un espace bienveillant à l’égard de tous et adapté à votre réalité.

Sécuriser les encadrant.e.s dans leur rôle éducatif

Si ces premiers éléments semblent aller de soi, la prévention comme sécurité pour vos moniteur .rice.s, coachs, entraineur.e.s ou tout autre encadrant l’est moins. En effet, dans notre pratique, nous rencontrons souvent des adultes, qui par crainte d’être accusés injustement, ne savent plus très bien comment tenir leur rôle auprès des enfants.

En explicitant ce que vous attendez d’eux en tant qu’éducateur .rice.s, en parlant des contacts « adéquats » pour la pratique de vos activités et en définissant clairement comment réagir si une situation de transgression devait survenir, vous leur redonnez les clés pour mener leur rôle auprès des enfants plus sereinement.

Outiller l’organisation pour réagir en cas de crise 

En vous engageant dans une telle démarche, vous dotez votre structure d’outils efficaces pour éviter qu’un dépassement de limites n’arrive. Et car comme le risque zéro n’existe pas, une réflexion en amont vous permettra de savoir réagir de manière adéquate en cas de besoin.

Agir pour prévenir les abus sexuels, c’est finalement envoyer un message clair à l’extérieur : votre organisation est consciente qu’une situation de transgression peut arriver, mais est équipée, à l’interne, pour y faire face !

Vous vous demandez certainement comment mettre en place une telle démarche. Notre rôle est de vous accompagner afin de développer une prévention adaptée à votre réalité et vos activités. N’hésitez pas à nous contacter !

Que faire si un.e adulte encadrant.e a des gestes déplacés envers un.e jeune ?

– Revu en novembre 2021 – 

Imaginons que lors d’un camp, en passant devant une chambre dont la porte est ouverte, vous voyez, couchés sur un lit, une encadrante de 22 ans qui a sa main sur le ventre d’un participant de 17 ans. Comment réagiriez-vous ?

Par ce type d’exemples fictifs, que nous utilisons parfois dans nos cours de prévention, nous souhaitons vous inviter à réfléchir à des situations concrètes, pouvant survenir au sein de vos activités et vous proposer quelques éléments de réponses.

Une situation qui questionne mais « non-illégale »

Au niveau légal, et dans ce contexte, les contacts prodigués sur le ventre du jeune ne sont pas considérés comme des actes d’ordre sexuels et ne sont donc pas illégaux. Ils n’en demeurent toutefois pas moins questionnants ! En effet, comme l’avions vu dans cet article, cette situation peut notamment mettre en lumière que la monitrice n’est pas au clair quant aux exigences liées à son rôle éducatif.

Pour rappel, est défini comme acte d’ordre sexuel : « une activité corporelle sur soi-même ou sur autrui qui tend à l’excitation ou à la jouissance de l’un des partenaires au moins ». Autrement dit, il est interdit de toucher les parties « bikini » et d’embrasser avec la langue.

Le rapport de dépendance éducative

Or, aux vues de ce qui précède, si les faits observés ne semblent pas illégaux en tant que tels, il est important de rappeler que les actes d’ordre sexuel sont pénalement interdits entre un.e encadrant.e et un.e jeune âgé.e de 16 à 18 ans. En effet, le rapport de dépendance éducative qui lie l’encadrant.e et le/la jeune, rend, d’un point de vue légal, impossible toute relation entre les deux protagonistes. Et ce, même si le/la jeune a atteint la majorité sexuelle !

Alors, comment réagir… ?

… de manière générale ?

Une des questions à vous poser, est de savoir vous réagiriez de la même manière si cette situation avait concerné un moniteur et une jeune ou des personnes du même sexe ?

…avec le jeune ?

Comme lorsqu’un.e enfant viendrait se confier, une seule question est à poser pour clarifier la situation : « peux-tu m’en dire plus ? ».

…avec la monitrice ?

Selon les informations reçues par le jeune, quelles suites envisager ? Un recadrage ? Une exclusion ? En fait, cela dépend des règles de conduite et des attentes explicitées à vos équipes, qui auraient dû être posées en amont.

Ces questions doivent vous paraitre déroutantes ! C’est pourquoi, lors de nos formations, nous vous accompagnons dans les réflexions nécessaires à la mise sur pieds de mesures de prévention et vous proposons des solutions afin de permettre à vos équipes d’exercer leur rôle auprès des enfants dans les meilleures conditions.

Vous souhaitez davantage d’informations ? Contactez-nous !

« Le partenariat permet de protéger tous les échelons de l’organisation. »

D’abord partenaire du service de prévention mira, puis d’ESPAS, le CPV, association qui organise des camps de vacances et des centres aérés dans le canton de Genève, s’est engagé dans une démarche de prévention des abus sexuels depuis 2010. Rencontre avec Sarah Sandoz, directrice, qui nous explique son expérience.

Se doter de l’expertise de ses pairs

Chaque année, ce sont quelque 1500 enfants, encadrés par près de 450 bénévoles, qui participent à l’un des 120 séjours organisés par le CPV. Et, c’est dans le but de compléter ses compétences en matière de prévention des abus sexuels que l’organisation s’est jadis tournée vers le service mira, repris par ESPAS depuis 2017. Une démarche qui dépasse largement les limites de cette thématique délicate, comme l’explique sa directrice : « Le CPV a toujours eu une forme d’humilité face aux techniques et aux connaissances. Nous avons toujours cherché à obtenir l’expertise de professionnels et à nous compléter grâce à notre réseau dans quelque domaine que ce soit. »

Le principal bénéfice : se sentir sécurisé dans les démarches à entreprendre

En plus d’offrir un gage de qualité et une assurance indéniables pour les parents, le principal bénéfice du partenariat est le sentiment de sécurité procuré aux équipes. « En tant que professionnel, c’est important de se sentir en sécurité dans ce que l’on fait. Savoir que l’on peut se tourner vers des experts est très précieux. », explique Sarah Sandoz. Et ce, d’autant plus que cet engagement permet de protéger tous les membres de l’organisation : « Que ce soit la direction, la cellule de crise, l’équipe de professionnels, les moniteurs sur le terrain, et finalement, les enfants, tout le monde est protégé avec le partenariat ».

Les conseils prodigués lors de situations délicates, tout comme les formations dispensées aux équipes contribuent également à ces bénéfices. En effet, ces dernières offrent des outils pour savoir réagir de manière adéquate en cas de crise. Sarah Sandoz l’explique : « S’il se passe quelque chose dans un camp, s’il y a une confidence, les équipes ont besoin d’outils pour gérer cette situation. Si on la gère soi-même, sans outils, il y a de fortes chances que l’on soit à côté. Très bien intentionnés, mais à côté. Le fait d’avoir des personnes formées en amont, en plus de la présence d’ESPAS, permet d’être assez sûr d’agir de manière adéquate et au mieux pour les enfants et les bénévoles, ce qui est la finalité. »

La prévention des abus sexuels, un sujet important mais effrayant

Au fil des années, le CPV a suivi mira, puis ESPAS. Et, selon les mots de sa directrice, la confiance est totale. « Les expériences nous ont dit que nous avions raison d’avoir confiance. Il est important de parler de la prévention des abus sexuels, mais c’est très effrayant. » Comme l’explique la directrice du CPV, l’accompagnement d’ESPAS, tout comme les outils proposés dans le cadre de ce partenariat permettent d’avoir un impact positif et libérer la parole.  « Être accompagné par ESPAS permet aussi de mettre des mots, qui sont parfois difficiles à venir. » Nous remercions le CPV pour sa confiance et son engagement en matière de prévention.

Vous êtes intéressés par notre partenariat ou nos formations ? Contactez-nous ! 

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Comment soutenir un.e enfant victime de maltraitance ou d’abus ?

 – Revu en novembre 2021 –

Dans votre organisation, les relations privilégiées entre vos encadrant.e.s – moniteur .rice .s, professeur.e.s, coaches, etc., et les enfants qui vous sont confiés permettent à ces derniers d’avoir d’autres référents que leurs parents. Pour des jeunes potentiellement victimes de violences, cela représente l’opportunité d’identifier que ce qu’ils vivent n’est pas adéquat et leur offre l’opportunité de s’autoriser à en parler.

Permettre aux enfants concerné.e.s de déposer leur vécu

Quel que soit l’âge de la personne concernée, les maltraitances et les violences sexuelles tendent à plonger dans le silence et le secret. Par ailleurs, plus la personne victime peut en parler rapidement, moins elle risque de développer un potentiel traumatisme.

Le lieu associatif permet aux enfants de s’épanouir et développer de nouvelles capacités. Au gré des activités que vous proposez, des relations particulières et de confiance se tissent entre vos encadrant.e.s et vos jeunes participant.e.s. Vos moniteur .rice .s ou entraineur.e.s sont peut-être des figures idéalisées, auprès desquelles les enfants victimes de situations difficiles pourraient plus facilement venir se confier. Se trouver dans une structure associative bienveillante est donc une chance pour un.e enfant de parler et déposer ce qu’il vit. De là, plusieurs aspects sont à considérer.

Devenir une organisation ouverte au dialogue

Une des mesures que vous pouvez entreprendre est d’informer les enfants du fonctionnement de votre structure et de ce qui est attendu de chacun.e. Ainsi, dans le cadre d’un club sportif, expliquez-leur que les entraineur.e.s sont présent.e.s et disponibles en cas de problème dans les vestiaires par exemple. Une telle démarche permet aux jeunes de dire si quelque chose les dérange, mais encourage également les enfants concerné.e.s par la maltraitance et des abus à déposer leur vécu.

Favoriser une culture associative participative

Il est également possible d’intégrer les jeunes dans le processus de décision de votre vie associative. A titre d’exemple, vous pouvez notamment les impliquer dans la rédaction d’une charte de vivre ensemble.

Une culture associative participative ne permettra pas d’éviter totalement qu’un dépassement de limites ne survienne. Mais, si une telle situation devait se produire, cela donnerait les clés aux enfants pour réagir et le signaler plus facilement.

Outiller vos encadrant.e.s pour réagir de manière adéquate

Nous ne le répéterons jamais assez : il est primordial que votre organisation soit préparée et sache réagir de manière appropriée en situation de révélation.

S’engager seul dans des telles démarches pourrait vous paraître compliqué et contraignant.  Vous soutenir dans la mise en place de stratégie de prévention est au cœur de notre prévention.

Un.e enfant ou un.e jeune s’est confié à vous et vous souhaitez des conseils sur les démarches à entreprendre ? Contactez notre permanence au 0848 515 000 !

5 conseils pour l’engagement d’encadrant.e.s

 – Revu en novembre 2021 – 

Pour un club de sport, une école de musique ou toute autre structure proposant des camps ou des activités pour les enfants, engager de nouveaux encadrants peut s’avérer compliqué. Entre l’absence de procédures et des exigences parfois dissuasives, comment trouver la juste balance, tout en assurant la sécurité de vos jeunes membres ? Quelques conseils !

La question des extraits de casier judiciaire

Le Conseil Fédéral a décidé de la mise en œuvre de l’initiative populaire « Pour que les pédophiles ne travaillent plus avec les enfants », entrée en vigueur le 1er janvier 2019. Cette dernière définit notamment qu’ « aucun.e délinquant.e condamné.e n’aura plus le droit de travailler auprès d’enfants[1] ».

Afin de vous prémunir d’engager quelqu’un ayant été condamné pour une infraction à caractère sexuel à l’encontre d’enfants ou de jeunes, nous vous recommandons de demander l’extrait de casier judiciaire et l’extrait spécial de casier judiciaire.

Les extraits de casier judiciaires ne vous permettront toutefois que de prendre connaissance des personnes qui ont été condamnées. Dès lors, quelles mesures complémentaires adopter ?

Faire connaissance avec votre interlocuteur .rice

Comprendre ses motivations et expériences

Vous pouvez notamment tenter de comprendre ce qui l’amène à vouloir s’engager au sein de votre organisation et sur ses expériences passées. A-t-il / elle, par exemple, déjà occupé une fonction similaire ou un rôle auprès des enfants ?

Si la réponse est non, il sera d’autant plus important de le/la questionner sur les raisons qui l’incitent à vouloir le faire.

Si la réponse est oui, comment cela s’est-il passé ? Existe-t-il des références ?

Demander des références

Cet échange peut également être l’opportunité de solliciter des références.

Si la personne refuse, demandez-vous si vous souhaitez réellement intégrer une telle personne au sein de votre équipe.

Si la personne accepte, vous vous trouvez dans une bonne dynamique.

Expliciter clairement le rôle attendu

Il est important de décrire clairement ce que votre organisation attend de ses encadrant.e.s, notamment en matière de proximité et de distance. Autrement dit, c’est le moment d’expliciter votre position par rapport à des thèmes tels que l’entrée dans les vestiaires, les réseaux sociaux ou encore les gestes nécessaires à la pratique de vos activités.

Selon nous, parler des contacts adéquats dans le cadre de vos activités doit permettre de dissuader les potentiels individus mal intentionnés, mais aussi de diminuer le risque de dépassement de limites. En effet, une personne avertie se rendra plus facilement compte qu’une situation tend à devenir délicate et pourra agir en conséquence.

Accompagner l’entrée en fonction

Personne ne peut tout savoir dès le départ ! Que vous soyez en présence d’un.e adulte expérimenté.e ou non, il faut se demander si vous souhaitez directement laisser cette personne prendre son rôle ou mettre en place des mesures pour l’accompagner au mieux. Ainsi, pourquoi ne pas opter pour une intégration en plusieurs étapes allant de l’observation à la prise en charge autonome ?

Trouver des encadrant.e.s prêt.e.s à donner de leur temps et de leur énergie pour les jeunes n’est pas chose aisée. Si nous comprenons cet argument, cela ne devrait pas dispenser votre organisation d’un processus de recrutement. En un article, il n’est bien évidemment pas possible de traiter l’intégralité de cette thématique et ce, d’autant plus que chaque structure est unique. Si vous souhaitez un accompagnement personnalisé, n’hésitez pas à nous contacter.

[1] Source : https://www.bj.admin.ch/bj/fr/home/aktuell/news/2018/ref_2018-10-10.html