Author: Association ESPAS

Organisations : quelle est votre responsabilité en cas d’abus ?

Ces dernières années, différents cas au sein d’organisations ont mené à une même situation : la menace de poursuites pénales à l’encontre de la hiérarchie d’une organisation dont l’un des encadrants s’est rendu coupable d’actes d’ordre sexuel sur des mineurs, à l’image de cette affaire récente en France. Rapide état des lieux et recommandations.

Concrètement, de quoi parle-t-on ?

Récemment en France, la presse s’est fait écho d’une situation au cours de laquelle la hiérarchie d’un animateur périscolaire s’est retrouvée sous le coup d’une enquête contre X pour non-dénonciation d’agression sexuelle sur mineur. Est-ce qu’il pourrait se passer la même chose en Suisse ? A notre connaissance, s’il apparaissait qu’une hiérarchie avait reçu un signalement concernant une situation d’abus sexuels et n’en a pas fait cas, a dissimulé des faits ou a refusé d’appliquer un principe de précaution, elle pourrait être tenue pénalement responsable en cas d’une éventuelle nouvelle victime.

Donc, quels sont les comportements à adopter en cas de suspicions[1] ou d’allégations[2] d’abus sexuel ?

En plus des comportements à adopter en cas de soupçons, voici quelques recommandations complémentaires si une telle situation devait se produire au sein de votre organisation :

 

En cas de suspicions, votre rôle est de clarifier la situation

Clarifier une situation signifie notamment de prendre des notes, quant aux motifs du soupçons : qu’est-ce qui a été observé, quand et par qui, d’où vient l’idée que des limites auraient été transgressées ? Il n’est cependant pas de votre responsabilité de démêler le vrai du faux, ni de mener l’enquête. Cela serait même contreproductif et entraverait le travail de la police et de la justice.

 

En cas de suspicions, votre rôle est d’adopter un principe de précaution

S’il n’est pas possible de clarifier la situation, ne restez pas seul face à ce questionnement.  Demandez de l’aide à un service compétent afin d’être conseillé dans les démarches de précaution à entreprendre.

 

En cas d’allégations, votre rôle est de transmettre la situation à une autorité compétente

Vous pouvez évidemment vous adresser directement à la police. Nous savons toutefois que ces démarches peuvent faire peur et, comme en cas de suspicions, nous pouvons vous soutenir.

 

En cas d’allégations, votre rôle est de protéger tous les membres de votre structure

S’il n’est pas de votre ressort de démêler le vrai du faux, il est de votre ressort de protéger tous les membres de votre structure. L’une des mesures de protection serait notamment de suspendre, durant le temps de l’enquête, la personne mise en cause par les allégations d’abus sexuel.

 

En tout temps, votre rôle est d’agir pour les enfants et les jeunes et non contre quelqu’un en particulier

Prendre de telles décisions n’est pas simple. Gardez à l’esprit que ces mesures sont prises pour la protection des enfants. Toutefois, cela ne signifie pas que vous agissez contre quelqu’un.

 

Grâce votre implication au sein de votre structure, vous transmettez votre passion à la génération future. Grâce à vous les enfants pourront s’épanouir dans un climat chaleureux à travers vos activités. Et en même temps, vous acceptez d’endosser certaines responsabilités importantes. Nous avons écrit cet article afin de vous soutenir dans cet engagement envers les enfants.

 

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[1] Nous parlons de soupçons tant que les responsables d’une organisation n’ont pas observé de faits concrets mais ressentent qu’une situation devient délicate et tant que l’enfant n’a mis en cause personne.

[2] Nous parlons d’allégations lorsque des faits concrets ont été observés ou rapportés par un adulte ou suite à un dévoilement de la part d’un enfant.

Retours sur la permanence estivale

Comme chaque année en période estivale, notre service Prévention & Formation s’est tenu à disposition des organisations en cas de questionnement, lors de dépassement de limites ou de soupçons d’abus sexuels. Petit retour sur nos interventions 2018.

La permanence de conseils en bref

Nous en parlions dans un précédent article, l’objectif de notre permanence est d’orienter toute organisation et les encadrants qui la composent quant aux mesures à entreprendre lors d’une situation de crise. Plus que d’offrir des marches à suivre toutes faites, notre démarche s’ancre davantage dans une optique de co-construction, favorisant les échanges tant autour de la situation, que des actions entreprises et à entreprendre.

Quelques chiffres…

Durant cet été, ce sont quelques dix demandes qui nous sont parvenues. A noter que certaines situations s’étant déroulées durant l’été peuvent remonter à la surface quelques temps plus tard. Six proviennent de structures proposant des activités de jeunesse, trois émanent de professionnels, la dernière, quant à elle, de parents.

Un service nécessaire et plébiscité par les organisations…  

Au fil des années, le nombre de demandes a augmenté et de plus en plus d’organisations ont acquis le réflexe de nous solliciter en cas de crise. A titre d’exemple, nombre de structures actives en région lémanique inscrivent désormais notre ligne de notre permanence dans leurs contacts utiles, transmis lors de la préparation des camps. Ces éléments démontrent bien que nous répondons à un besoin de la part des organisations.

Un filet de sécurité pour les associations…

Pour nombre de structures actives auprès des jeunes, la connaissance d’une telle permanence de conseils permet de se sentir plus sereines. Elles savent qu’elles ont un filet de sécurité en cas de questionnement.

En situation de conseil, la même logique se fait jour. En effet, c’est bien souvent pour être sécurisés dans les démarches entreprises ou à effectuer que nos interlocuteurs nous contactent. Cela leur permet également de se détacher de la charge angoissante dans laquelle peut les plonger une situation de transgression de limites, des soupçons ou un cas d’abus avéré.

Des conseils disponibles toute l’année

En dehors des horaires estivaux étendus, notre équipe se tient à disposition tout au long de l’année pour aider les structures à la clarification de situation de soupçon d’abus sexuels. Pour en savoir plus, rendez-vous sur notre page relatives à cette prestation.

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Prévention dans le domaine des loisirs : parents, quelle est votre responsabilité ?

La sécurité dans les organisations de loisirs de vos enfants est l’affaire de tous ! Nous rencontrons souvent, dans nos cours, des moniteurs, des entraineurs ou des membres de comité d’une association qui semblent découragés, ne sachant plus comment agir pour bien faire.

« Si on entre dans les vestiaires, certains parents se plaignent par ce qu’il est inadmissible que l’entraineur entre dans les vestiaires pendant que les enfants se changent. Par contre, si on n’y entre pas, certains parents se plaignent car ils ont peur que les jeunes y fassent n’importe quoi… ».

« Tant qu’on s’occupe de leur enfant, ils se soucient peu du reste. Par contre, dès qu’il y a un problème, ces mêmes parents sont les premiers à se plaindre… »

Ces phrases lancées par deux encadrants, durant un cours, résument bien le désarroi dans lequel certains se sentent.

Même avec la meilleure volonté du monde, les clubs de sport, les écoles de musique ou toute autre organisation de loisirs ne peuvent pas protéger vos enfants sans vous ; vous devez être partie prenante ! Cela ne veut pas dire que vous allez vous immiscer dans leurs affaires, mais que vous souhaitez co-construire avec eux, afin de créer un espace chaleureux pour tous les membres de l’association.

Vous, parents, que pouvez-vous faire ? Posez tout simplement des questions,  renseignez-vous :

  • Qui sont les entraîneurs, les moniteurs de votre enfant ? Comment ont-ils été formés ? Comment ont-ils été « engagés » ?
  • Quelle est la politique de l’association par rapport aux vestiaires, au smartphone, etc.
  • La question des contacts adéquats entre adultes et jeunes, entre jeunes entre eux ainsi que des abus sexuels ont-elles été abordées ?
  • Que prévoit l’organisation en cas de soupçons ou d’abus sexuels avérés ?
  • Comment les entraineurs donnent leur entrainement (apprentissage et/ou sécurité) ?

Il faut aussi faire savoir explicitement à votre enfant qu’il peut en tout temps venir se confier à vous. Ne pas avoir de tabou, vous intéresser et être accessible restent les meilleurs moyens pour lui permettre de vous parler de ce qu’il vit.

Pour conclure, gardez à l’esprit que la grande majorité des personnes qui entraînent les enfants le font extrêmement bien et que la majeure partie des enfants évoluant dans des associations de loisirs, se porte à merveille.

Vous êtes malgré tout en proie à des questionnements, souhaitez un conseil ou tout simplement plus d’informations sur nos activités ? N’hésitez pas à nous contacter !

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Comment aborder la prévention dans votre organisation ? [4/4] – Sport d’élite, milieux religieux & domaine du handicap : spécificités

Après nous être intéressés aux relations entre jeunes, entre encadrants et enfants, puis à la problématique des vestiaires/douches, ce dernier article de la série « Comment aborder la prévention dans votre organisation » abordera quelques spécificités de certains domaines d’activités.

Dans ce dernier billet de la série, nous nous pencherons plus en détails sur les risques qui concernent plus particulièrement les domaines des sports d’élite, le handicap ou encore les milieux religieux, qui ont la particularité d’être des contextes où l’asymétrie présente dans les relations duales est exacerbée. Comme nous l’avions vu dans notre précédent article, dans une relation asymétrique, de type encadrant-encadré par exemple, l’adulte est en tout temps responsable et c’est à lui qu’incombe de savoir garder une distance adéquate !

Sports d’élite

Dans les sports d’élite, l’entraineur dispose d’un fort ascendant sur les athlètes, notamment lors de leur sélection pour une compétition. Ainsi, dans ce contexte, le risque d’abus potentiel augmente. Les athlètes adultes ne sont, dans ce contexte, pas épargnés.

Et ce n’est pas les récentes affaires qui ont notamment émaillé le monde du football ou de la gymnastique qui nous feront dire le contraire !

Ainsi, pour prévenir ce risque particulier, il est essentiel que de rappeler à tout le monde (jeunes et entraineurs) que les entrainements doivent être validés par l’association et se font à des moments spécifiques, dans des programmes spécifiques et dans des lieux spécifiques !

Handicap 

Les enfants et les jeunes en situation de handicap sont plus susceptibles que d’autres populations d’être victimes d’abus ou de violence de toutes sortes. Leur méconnaissance des comportements sexuels appropriés, leurs difficultés de communication, leur forte dépendance vis-à-vis des personnes qui les entourent sont autant de facteurs qui font d’eux des cibles encore plus vulnérables face à l’abus et la manipulation. Afin que les contacts entre encadrants et encadrés puissent rester « adéquats et chaleureux, il est important que le sujet de cette dépendance particulière soit abordé tant avec les jeunes, de manière adaptée pour qu’ils puissent la comprendre, qu’avec les encadrants, en leur proposant des formations adaptées.

Eglise

La particularité du monde ecclésiastique est que la référence à Dieu comme l’Être suprême peut conduire à une dépendance accrue de certains vis-à-vis d’autres. Ainsi, la personne qui tient le rôle d’ « intermédiaire » et de « guidance » (rôle pastoral, d’encadrement, cure d’âme, etc.), est reconnue par la communauté comme ayant une proximité particulière avec Dieu et des connaissances importantes en relation avec la foi. Ceci peut entraîner une asymétrie dans les relations entre cette personne et la communauté. Il faut donc garder à l‘esprit que ce déséquilibre peut conduire à des projections d’amour et/ou de désir des deux côtés de la relation. Il est donc utile que les « encadrants » en soient conscients et sachent comment y faire face.

En guise de synthèse

Au travers de nos derniers articles, nous avons mis en lumière quelques-unes des situations pouvant devenir délicates au sein de vos organisations. Notre objectif n’est pas de vous faire voir le mal partout, mais de permettre de protéger efficacement chacun des membres de votre organisation et de maintenir un climat sécuritaire pour tous.

Pour cela, il est primordial de réfléchir en amont aux points sensibles inhérents à vos activités, de sensibiliser vos équipes à la thématique des abus sexuels et des contacts adéquats et de clarifier les rôles et attentes envers vos collaborateurs. Autant de démarches dans lesquelles nos équipes peuvent vous soutenir.

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Comment aborder la prévention dans votre organisation ? [3/4] – Les douches et vestiaires

Réfléchir à quelques exemples de situations pouvant devenir délicates au sein de vos activités est l’objectif de notre dossier « Comment aborder la prévention dans votre organisation ? ». Aujourd’hui, nous vous proposons de vous attarder sur la thématique des douches & des vestiaires.

Une problématique récurrente dans les organisations

« Allô mira ? j’ai une question. Notre établissement a interdit à tout adulte d’entrer dans les vestiaires quand les enfants y sont, mais pour savoir ce qui s’y passe, notre direction a décidé de mettre un micro dans les vestiaires, directement reliés à l’open space du secrétariat. Qu’en pensez-vous ? »

Dans notre pratique, il n’est pas rare que des associations se questionnant à ce sujet nous contactent. Au cœur de leurs interrogations, des énigmes telles que « un moniteurs/entraineur a-t-il le droit d’entrer dans les vestiaires ? ». Il est important de garder à l’esprit que ces espaces sont des endroits particuliers, mais ils ne doivent en aucun cas être des lieux où la présence de l’adulte est interdite. Car, selon les circonstances, un encadrant doit pouvoir y entrer. Toute la question est : pourquoi et de quelle manière ?

Oser en parler

Durant ces moments, la nudité et la proximité physique peuvent provoquer des sentiments de pudeur, voire éveiller des désirs sexuels (jeune/jeune, jeune/adulte, adulte/jeune). Afin que chacun se sente à l’aise (tant les jeunes que les adultes), il est important que vous abordiez cette thématique au sein de votre association. Vous pouvez notamment parler du rôle de l’adulte par rapport aux vestiaires et s’il est autorisé à y entrer. Si oui, dans quel(s) cas et de quelle manière ? Si non, comment la sécurité sera-t-elle assurée ? Bien sûr cette question vaut également pour les parents, qui pourraient s’y trouver pour aider leur enfant à se changer, se sécher, etc.

Réfléchir en co-responsabilité

En tant que comité, si vous entreprenez de protéger seul tous les membres de votre organisation, il y aura toujours des personnes qui risquent d’être mécontentes des mesures prises. Vous interdisez l’accès aux douches : on vous dira que vous ne respectez pas votre devoir de sécurité. Vous autorisez à vos encadrants à entrer dans les vestiaires, on vous reprochera de ne pas respecter l’intimité des enfants.

Notre expérience nous montre que la protection de chacun de vos membres ne peut se faire qu’en co-responsabilité de tous les acteurs présents : comité – entraineurs – parents. Il est essentiel que vous, dirigeants, ayez le courage de créer des groupes de travail et de paroles avec tous les autres acteurs de votre association, en leur demandant de vous aider à faire de votre organisation un espace où chacun se sente protégé et sache comment mener son rôle.

S’engager seul dans des telles démarches pourrait vous paraître compliqué et contraignant.  Vous soutenir dans la mise en place de stratégie de prévention est au cœur de notre prévention. Par nos interventions adaptées à vos activités ou développées sur mesure, nous souhaitons accompagner chaque organisation qui souhaite rester un espace sécuritaire pour tous.

Vous souhaitez en savoir plus sur notre offre de prévention ? Contactez-nous à l’adresse formation@espas.info

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Permanence de conseils pour les associations du 9 juillet au 25 août

Du 9 juillet au 25 août, ESPAS (Espace de Soutien et de Prévention – abus sexuels) ouvre sa permanence téléphonique d’été à disposition des organisations qui encadrent les enfants et les jeunes, ainsi que les personnes en situation de handicap. Les psychologues de l’association ESPAS offrent un service de conseils gratuits lors de questionnement ou en cas de soupçon ou d’abus sexuels avérés.

PERMANENCE TELEPHONIQUE : 079/229.36.20

Du 9 juillet au 25 août 2018

De 10h à 18h

Allô ESPAS ? C’est pour un conseil !

Parler de prévention des abus sexuels auprès des organisations, c’est également se mettre à leur disposition en cas de questionnement, lors de dépassement de limites ou de soupçons d’abus sexuels.

« Allô ESPAS ? Quand on fait du trampoline, un de nos moniteurs y monte avec les enfants et les tient par les hanches.
Est-ce que c’est normal ? » Un entraineur.

A l’image de cet exemple, il n’est pas rare qu’une association, un club ou une institution nous contacte lors de situations les plongeant dans de grands questionnements. Dans la plupart des cas, ces sollicitations concernent notamment les inquiétudes des équipes encadrantes face à des comportements sexuels inadéquats entre participants ou lorsque des jeunes se confient à propos d’abus dont ils ont été victimes.

S’en tenir aux faits

Lorsque nous répondons à des demandes de ce type, notre but est de comprendre la situation dans sa globalité, tout en se limitant aux faits. Pour faire référence à notre exemple, nous allons demander à notre entraineur de nous expliciter concrètement ce qu’il a vu ou entendu.

La pointe de l’iceberg ?

Quand une situation retient notre attention, on ne parle pas directement d’abus sexuels. On tentera alors de déterminer si d’autres comportements qui interpellent ont été remarqués, puis, si ces agissements sont de l’ordre du pénal ou non. Par exemple, notre interlocuteur peut nous informer que la personne concernée n’a de telles pratiques qu’avec des garçons de 9 à 12 ans, qu’il est ami avec ces mêmes jeunes sur les réseaux sociaux ou encore qu’il les ramène individuellement chez eux en voiture, en faisant un détour. Or, rien n’indique ici que ces comportements n’entrent sous le coup du pénal. Cependant, nous allons inviter les membres de l’organisation à se demander s’ils accepteraient eux-mêmes de lui confier leurs propres enfants.

Des rôles spécifiques, selon la fonction.

Une fois les faits établis, il s’agit de conseiller l’organisation et ses membres quant aux mesures à entreprendre. Les conseils que nous allons donner vont alors dépendre du rôle de notre interlocuteur au sein de la structure. Ainsi, s’il est moniteur, nous lui conseillerions d’approcher sa hiérarchie en lui exprimant ses questionnements. L’idée sera davantage de comprendre les engagements et la position de l’organisation en matière de prévention, si nous sommes en contact avec un membre de la hiérarchie.

La responsabilité reste celle de l’organisation

L’objectif de notre permanence de conseils est de permettre à l’association en prise avec un soupçon d’être plus au clair dans les démarches à entreprendre.

En aucun cas, nous ne nous substituons à la police ou n’agissons à leur place. En tout temps, la responsabilité des décisions prises reste celle de la structure qui nous contacte.

Besoin d’un conseil durant l’été ? Notre permanence se tient à votre disposition au 079 229 36 20 du 9 juillet au 25 août, de 9h à 18h.

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Comment aborder la prévention dans votre organisation ? [2/4] – Les relations encadrants/jeunes

Dans ce second article de la série « Comment aborder la prévention dans votre organisation », nous vous proposons de réfléchir aux relations qui se jouent entre les adultes et jeunes dans le cadre de vos activités.

Prendre conscience que certaines situations peuvent devenir délicates pour agir de manière préventive

Dans notre dernier billet, nous nous étions penchés sur les relations de « proximité-distance » entre jeunes. Autrement dit, questionner certains comportements « physiques », qui semblent aller de soi et réfléchir aux situations pouvant impliquer un dépassement de limites au sein de vos activités. Aujourd’hui, nous nous intéresserons à quelques aspects des relations entre encadrants et encadrés.

Situations de groupe ou duales ?

Les situations potentiellement délicates diffèrent si les activités que vous proposez se déroulent de manière collective ou en tête-à-tête. Même s’il est impossible d’exclure un dépassement de limites, le fait d’être en groupe représente globalement moins de risques.

Dans les sports individuels ou artistiques, tout comme dans l’enseignement d’un instrument de musique, les enfants se retrouvent bien souvent dans un contexte dual avec leur entraîneur/enseignant. Dans ces relations asymétriques, l’intérêt positif de l’enseignant envers son élève ou l’estime que ce dernier porte à son encadrant peuvent susciter une envie de rapprochement de la part de l’une ou des deux personnes.

Quelle différence d’âge entre vos moniteurs et les jeunes ?

Dans beaucoup d’associations proposant des activités pour les enfants, les encadrants sont souvent à peine plus âgés que les jeunes dont ils sont responsables. En raison de cette faible différence, il peut être difficile pour les jeunes adultes de garder une distance adéquate par rapport aux participants. A l’inverse, certains adolescents peuvent être tentés de chercher à nouer des rapports privilégiés avec leurs moniteurs.

Il appartient à l’adulte de poser les limites.

Que ce soit l’un ou l’autre de ces cas de figure, les adultes sont responsables des relations qu’ils entretiennent avec les jeunes. Il leur appartient toujours de poser les limites avec gentillesse et clarté. Pour cela, il est impératif que chaque organisation y réfléchisse et définisse que faire en cas de dépassement de ces dernières.

Ces questions, qui peuvent paraître déroutantes, sont au cœur de notre offre de prévention. Tant par nos sensibilisations que nos partenariats, nous souhaitons accompagner chaque organisation qui souhaite mettre sur pieds des mesures de prévention et permettre à ses encadrants d’exercer leur rôle sans crainte des mauvaises interprétations.

Vous souhaitez entrer dans une démarche de prévention ? Contactez-nous formation@espas.info

 

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Comment aborder la prévention dans votre organisation ? [1/4] – Les relations entre jeunes

Réfléchir aux relations et aux comportements « physiques » qui se jouent au sein des associations ou autres structures est l’un des moyens que nous proposons pour s’engager dans une démarche de prévention. Pour y voir plus clair, une série d’articles y est consacrée.

Penser la « proximité-distance » dans une série d’articles

Dans notre prévention, il est souvent question de « proximité-distance ». De manière concrète, aborder cette thématique dans votre organisation consiste à questionner certains comportements « physiques », qui semblent « aller de soi ». Que ceux-ci soient entre encadrants et encadrés ou entre jeunes eux-mêmes. Les buts d’une telle réflexion sont notamment de :

  • Prendre conscience que certaines situations peuvent devenir délicates ;
  • Pointer celles qui peuvent impliquer un dépassement de limites ;
  • Savoir comment agir de manière préventive.

Dans les quatre prochains billets, nous traiterons de ces sujets à l’aide d’exemple concrets et quelques situations pouvant concerner n’importe quelle association. Si cet article est dédié aux relations entre jeunes, les suivants s’intéresseront à celles entre encadrants et encadrés, puis à quelques spécificités liées aux domaines de vos activités.

 

Votre organisation propose-t-elle des activités à différentes catégories d’âge ?

 Il n’est pas rare, et c’est peut-être votre cas, que des associations, clubs ou structures proposent des activités pour lesquelles des jeunes de tout âge se retrouvent ensemble. Les camps en sont l’exemple typique. Dans un tel contexte, il peut arriver que des adolescent-e-s partagent les mêmes dortoirs que des enfants plus jeunes. Or, les jeux et discussions sur le thème de la sexualité sont fréquents à l’adolescence. Quand tous les jeunes impliqués y participent de leur propre gré, il n’y a pas lieu d’en faire un problème sur le plan de la protection des enfants. Cependant, des ennuis sérieux peuvent survenir lorsque des enfants plus jeunes sont incités ou obligés de prendre part à de tels jeux, qui ne correspondent ni à leur âge ni à leur intérêt.

 

Vos activités impliquent-elles une mixité garçons-filles ?

Dans la même optique, la mixité entre les sexes représente un potentiel risque, car certains jeunes sont attirés par les découvertes sexuelles et, s’ils se retrouvent mélangés, ils ont plus d’occasions pour tester et concrétiser leurs intérêts.

Lorsque que l’on soupçonne un abus entre jeunes, il est nécessaire d’avoir une position ferme contre toute forme de violence. Il faut signaler à ceux qui commettent les actes abusifs que leur comportement n’est pas acceptable et selon les cas – notamment si les faits sont de l’ordre du pénal –  il sera nécessaire de les dénoncer à la police. La minimisation des actes, leur passage sous silence ou leur modification implique souvent que les jeunes qui commettent des abus, ne pouvant tirer de leçons de ce qu’il s’est passé, considèrent leurs agissements comme quelque chose de normal et réitèrent leur comportement.

Bien souvent nous constatons que pour nombre d’adultes encadrants, les limites entre comportements « normaux » ou d’exploration et des actes répréhensibles et dommageables ne sont pas toujours très claires. Et ceci, encore plus lorsque ceci se produit entre jeunes. Ceci a comme conséquence que les adultes ne savent pas comment se comporter lors d’un dépassement de limites ou en cas d’abus sexuels. Si vous souhaitez en apprendre davantage sur la manière de gérer les relations entre jeunes, nous vous invitons à consulter notre offre de formation.

 

Nous vous donnons rendez-vous le 14 juin pour aborder les questions de « proximité-distance » entre adultes et jeunes.

 

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Formations : “Il faut les préconiser à d’autres clubs, c’est une bonne opportunité !”

En octobre 2017, le FC St-Légier a sollicité le service Prévention & Formation d’ESPAS pour sensibiliser entraineurs et membres à la thématique des abus sexuels. Rencontre avec Michel von Burg, Président du club, qui revient sur son expérience.

 

Situer la limiter entre contacts adéquats et inadéquats au sein du club

On ne sait pas ce qui peut arriver”, voilà ce qui a incité Michel von Burg à encourager la prévention au sein du FC St-Légier.  Avec au coeur de ses questionnements, les difficultés que peuvent rencontrer les clubs sportifs pour distinguer les contacts adéquats de ceux qui ne le sont pas. “On a longtemps discuté pour savoir si un entraineur devait rentrer dans les vestiaires ou non. Maintenant, ils ne le font plus, sauf pour donner la formation d’équipe. Toutes ces choses-là, aujourd’hui, c’est très délicat, il faut faire attention.” Des réflexions qui dépassent largement la porte des vestiaires, comme l’explique le Président : “Il y a un moment où on se demande même si on a le droit de poser la main sur l’épaule d’un jeune pour le féliciter d’un bon match.” 

Après la présentation de l’offre de formations d’ESPAS lors de l’Assemblé générale de l’ACVF, le FC St-Légier décide de faire intervenir un expert pour sensibiliser ses entraineurs à la thématique des abus sexuels. Son Président revient sur ses motivations : “Que ce soit moi qui dise aux responsables d’équipes : “Ecoutez, il peut y avoir des problèmes, attention dans les vestiaires !” ou que ce soit quelqu’un du milieu, de neutre, j’ai trouvé que c’était un peu plus porteur !”

 

Favoriser le dialogue entre tous  

En plus d’offrir des outils pour entretenir des contacts adéquats entre coachs et joueurs, Michel von Burg relève le principal atout de ces cours : permettre le débat et les échanges dans un climat d’ouverture. “Le dialogue avec l’intervenant était très ouvert. A l’intérieur des groupes, les gens se concertaient, c’était bien. Ca répondait à ce que l’on attendait.”, explique-t-il.

Quant à la réception de cette démarche auprès des entraineurs, le Président se veut encourageant : “La majorité des coachs était là. Ils l’ont bien pris. Et ce qui était intéressant, c’est qu’il y avait des jeunes et des moins jeunes.” L’engagement, quant à lui, était aussi au rendez-vous : “J’étais surpris en bien car chacun a vraiment joué le jeu. Chacun osait partager son expérience, qu’elle soit avec des jeunes ou des moins jeunes.

Autrement dit, une expérience réussie selon le Président du FC St-Légier, qui invite les associations à en faire de même : “Il faut préconiser ces informations aux autres clubs de foot, dans le sport en général et tout ce qui touche à la jeunesse car ils sont concernés. C’est une bonne opportunité !

 

 

Vous désirez, vous aussi, organiser un cours de prévention au sein de votre club ?

En savoir plus !

 

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