Day: 2 novembre 2026

Respecter les limites, retrouver confiance et avancer à son rythme

Le respect des limites, le sentiment de sécurité et la confiance en soi occupent une place essentielle dans nos relations aux autres. Dès l’enfance, ces dimensions se construisent au fil des expériences et des interactions, notamment à l’école, dans le sport ou lors des activités de loisirs. Autant d’environnements dans lesquels les enfants et les jeunes doivent pouvoir évoluer en sécurité, entouré·e·s d’adultes attentifs à leurs besoins et à leurs limites.

Dans ces contextes, la proximité physique fait parfois naturellement partie des activités. Corriger une posture, assurer un mouvement, consoler un enfant ou célébrer une victoire sont autant de situations dans lesquelles le contact peut avoir sa place. Mais cette proximité doit toujours s’inscrire dans un cadre clair, adapté et respectueux.

La prévention des abus sexuels ne consiste donc pas uniquement à apprendre aux enfants et aux jeunes à reconnaître leurs limites ou à dire « non ». Elle repose avant tout sur la responsabilité des adultes et des organisations qui les encadrent. Définir des règles, former les équipes, identifier les situations à risque et savoir comment réagir face à une situation préoccupante sont autant de mesures qui contribuent à créer des environnements protecteurs.

C’est dans cette perspective que le secteur Prévention – Formation – Conseil d’ESPAS accompagne les professionnel·le·s, les institutions et les associations dans leurs démarches de prévention.

Quand la confiance est ébranlée

Si le respect des limites est essentiel pour prévenir les abus sexuels, leur transgression peut avoir des conséquences profondes et durables. Vivre une agression sexuelle ou avoir été confronté·e à des abus sexuels répétés peut notamment affecter le sentiment de sécurité, l’estime de soi, le rapport au corps et les relations aux autres. La confiance, en soi comme envers autrui, peut être ébranlée. Certaines personnes peuvent également éprouver des difficultés à identifier leurs besoins, à exprimer leurs émotions ou à poser leurs limites.

Retrouver confiance peut alors représenter un cheminement progressif, fait d’expériences et de petites avancées. Pour certain·e·s, il s’agira de retrouver des espaces dans lesquels se sentir en sécurité. Pour d’autres, de réapprendre à écouter leurs besoins, à reconnaître leurs émotions ou à faire respecter leurs limites. Ce processus ne suit toutefois aucun parcours prédéfini. Chaque personne réagit différemment aux événements vécus et mobilise ses propres ressources pour avancer. Le soutien de l’entourage, la création de nouvelles relations de confiance ou un accompagnement thérapeutique spécialisé peuvent contribuer à ce cheminement.

L’objectif n’est pas d’effacer le traumatisme, mais de permettre progressivement à la personne de retrouver davantage de sécurité, de confiance et de pouvoir d’agir.

Un accompagnement qui s’adapte à chaque histoire

Cette diversité des vécus et des besoins se retrouve au cœur de l’approche thérapeutique d’ESPAS. Parce qu’il n’existe pas une seule manière de réagir à un abus sexuel, il n’existe pas non plus de parcours thérapeutique standard. Chaque accompagnement se construit progressivement avec la personne, en tenant compte de son âge, de son histoire, de ses ressources et de ce qu’elle est prête à travailler.

Contrairement à certaines idées reçues, le travail thérapeutique ne consiste pas nécessairement à raconter ou à revivre les événements traumatiques. Il peut aussi porter sur leurs conséquences dans le quotidien : les émotions, le rapport au corps, le sentiment de sécurité, les relations aux autres ou encore la confiance en soi.

La parole n’est d’ailleurs pas toujours la seule voie possible. Selon l’âge et les besoins, les thérapeutes peuvent s’appuyer sur différents outils et médiations. Avec les enfants notamment, le jeu, le dessin, la musique ou d’autres supports peuvent permettre d’exprimer ce qui est parfois difficile à mettre en mots. Au-delà des difficultés liées au traumatisme, l’accompagnement vise également à reconnaître et à renforcer les ressources déjà présentes chez la personne. Il s’agit de lui permettre, à son rythme, de retrouver ses propres repères et une plus grande autonomie.

Et parce que les proches aussi ont besoin de soutien…

Ce cheminement ne concerne pas uniquement les personnes victimes. Lorsqu’un abus sexuel survient, ses répercussions peuvent également toucher profondément l’entourage.

Parents, partenaires, membres de la famille ou autres personnes proches peuvent être confronté·e·s à des émotions intenses : colère, tristesse, incompréhension, culpabilité ou sentiment d’impuissance. Tout en essayant de soutenir la personne victime, ils et elles doivent parfois composer avec leurs propres inquiétudes et difficultés. Or, accompagner une personne confrontée aux conséquences d’abus sexuels peut être éprouvant, particulièrement lorsque l’on manque de repères pour comprendre ce qu’elle traverse ou savoir comment réagir.

C’est pourquoi ESPAS propose également des accompagnements spécialisés aux proches. Ces espaces leur permettent d’accueillir leurs émotions, de mieux comprendre les conséquences des abus sexuels et de trouver des ressources pour faire face à la situation. Dans certains cas, l’accompagnement peut même concerner uniquement les proches, lorsque la personne victime ne présente pas de besoin de suivi particulier.

Soutenir l’entourage, c’est ainsi contribuer à renforcer l’environnement dans lequel la personne victime peut évoluer et, lorsque cela est possible, trouver les ressources nécessaires pour avancer.

Découvrez notre nouvelle capsule vidéo consacrée à l’accompagnement des proches.